Fortes chaleurs sur les chantiers : ce que la loi impose aux employeurs
Eté 2025 – Eté 2026 : les règles ont changé. Voici ce que chaque entreprise du BTP doit mettre en place en cas de fortes chaleurs.
Un nouveau cadre légal depuis juillet 2025
Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, publié au Journal Officiel du 1er juin, est entré en vigueur le 1er juillet 2025. Il ne s’agit plus de simples recommandations : pour la première fois, le Code du travail introduit une obligation formelle de prévention des effets des fortes chaleurs, applicable à tous les employeurs, publics comme privés.
Ce texte s’applique tout particulièrement aux employeurs, travailleurs indépendants et coordonnateurs de sécurité dans le BTP et le secteur forestier.
Le système des 3 niveaux d’alerte Météo-France
Les obligations varient désormais selon le niveau de vigilance déclenché par Météo-France :
- Jaune — Pic de chaleur ponctuel (1 à 2 jours) : premières mesures à activer
- Orange — Canicule durable et intense : mesures renforcées + ouverture possible du chômage intempéries BTP
- Rouge — Canicule extrême : dispositif d’urgence complet
Les « périodes de canicule » qui ouvrent droit à l’indemnisation des arrêts de travail dans les entreprises du BTP correspondent aux niveaux orange et rouge.
Les obligations concrètes pour les employeurs
- Intégrer le risque chaleur dans le DUERP
L’employeur doit désormais obligatoirement intégrer le risque de fortes chaleurs dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Pour les entreprises de moins de 50 salariés, une liste des actions de prévention suffit.
- Protéger les postes de travail extérieurs
L’obligation de protéger les travailleurs couvre désormais non seulement les conditions atmosphériques elles-mêmes, mais aussi leurs effets sur la santé et la sécurité, y compris les effets différés du soleil. Abris, zones d’ombre, espaces climatisés : l’aménagement du chantier doit le prévoir.
- Fournir de l’eau en quantité suffisante
L’eau mise à disposition doit permettre aux salariés non seulement de se désaltérer, mais aussi de se rafraîchir (se mouiller) en cas de besoin. Sur les chantiers sans eau courante, la quantité minimale est de 3 litres d’eau fraîche par jour et par travailleur.
- Adapter l’organisation du travail
Parmi les mesures prévues : modifier les horaires pour limiter l’exposition aux heures les plus chaudes, prévoir des pauses supplémentaires, adapter l’aménagement des postes, et mettre en place des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire (isolation, amortissement).
- Adapter les EPI
L’employeur doit désormais tenir compte des conditions climatiques – chaleur comprise – dans le choix et les modalités d’utilisation des équipements de protection individuelle.
- Protéger les travailleurs vulnérables
Une vigilance particulière est exigée pour les travailleurs vulnérables (âge, état de santé, grossesse), ainsi que pour les travailleurs isolés, pour lesquels un dispositif de suivi spécifique doit être prévu.
En cas de non-respect : des sanctions possibles
Depuis le 1er juillet 2025, les agents de l’Inspection du travail peuvent mettre en demeure une entreprise, sous 8 jours, de définir les mesures de prévention requises. Le risque juridique pour les entreprises défaillantes est donc bien réel.
Ce que cela change pour l’intérim BTP
En tant qu’entreprise utilisatrice faisant appel à des intérimaires, vous êtes directement concerné par ces obligations : les travailleurs temporaires bénéficient des mêmes protections que vos salariés permanents. Il est donc essentiel d’intégrer ces règles dans vos plans de prévention de chantier et d’en informer les intérimaires dès leur prise de poste.
Sources : Décret n°2025-482 du 27 mai 2025 — OPPBTP — Prévention BTP — Service-Public Entreprendre