Recrutement en France en 2026 : les chiffres-clés de l’enquête France Travail
Chaque année, l’enquête Besoins en Main-d’Oeuvre (BMO) de France Travail dresse le panorama le plus complet du marché du recrutement en France. La 25ème édition, conduite auprès de plusieurs centaines de milliers d’établissements employeurs, vient de paraitre. Elle révèle un marché du travail en légère décélération, mais qui conserve un niveau d’activité remarquable.
Un marché du travail qui ralentit, sans s’effondrer
2 274 951 projets de recrutement pour 2026
Pour 2026, les employeurs français déclarent 2 274 951 projets de recrutement. C’est une baisse de 6,5% par rapport à 2025, soit environ 158 000 projets en moins. Ce ralentissement est deux fois moins marqué que celui enregistre l’année précédente (-12,5%), signe que le marché du travail se stabilise après une période d’ajustement post-Covid. Le volume de recrutements prévus reste considérable.
Par ailleurs, les difficultés de recrutement sont en net recul : 43,8% des projets d’embauche sont jugés difficiles par les employeurs, contre 50,1% en 2025. Un signal encourageant, qui témoigne d’une meilleure adéquation progressive entre l’offre et la demande sur certains segments du marché.
Les TPE-PME portent l’emploi
Le repli est essentiellement imputable aux grandes entreprises : les établissements de plus de 200 salariés affichent une baisse de -12,8%. A l’inverse, deux recrutements sur trois se feront dans les TPE-PME, confirmant que le tissu économique de proximité reste le premier moteur de l’emploi en France :
- Entreprises de moins de 10 salariés : -6,5%
- Entreprises de 10 à 49 salariés : -5,8%
- Etablissements de plus de 200 salariés : -12,8%
Les secteurs qui recrutent le plus
Le classement national est largement dominé par les services à la personne, la restauration et la grande distribution. Voici le top 5 des secteurs par volume d’intentions d’embauche :
- Santé, social, services à la personne : 322 000 projets (+0,4% vs 2025) – l’un des rares secteurs en progression,
- Hôtellerie-restauration : 319 000 projets,
- Commerce-distribution : 264 000 projets,
- Industrie : 211 000 projets (-2,4%),
- Agriculture : 193 000 projets.
La santé est l’un des rares secteurs en progression cette année, répondant à des besoins structurels profonds liés au vieillissement de la population. D’ici 2030, ce sont 500 000 postes qui devront être pourvus dans cette seule filière. L’industrie affiche le recul le plus faible des secteurs traditionnels (-2,4 %), avec certains sous-secteurs en forte accélération, notamment les industries extractives, énergétiques et de gestion des déchets (+24,8%).
Des disparités régionales marquées
Toutes les régions enregistrent un recul, mais l’ampleur varie considérablement. Les baisses les plus importantes :
- Guyane : -12, %
- Ile-de-France : -11,8%
- Normandie : -9,9%
A l’inverse, certaines régions résistent mieux :
- Bretagne : quasi stable à -0,1 %
- Grand Est : -1,1 %
Les cinq régions qui concentrent le plus grand volume absolu de projets restent l’Ile-de-France, Auvergne-Rhone-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. La région Auvergne-Rhone-Alpes totalise à elle seule 255 400 projets, soit 11 % du total national.
L’évolution des types de contrats : vers davantage de flexibilité
La nature des contrats proposés par les employeurs évolue avec le contexte économique. En 2026, les CDD courts deviennent le type de contrat le plus fréquent, dépassant les CDI. Cette dynamique traduit la prudence des entreprises face à un contexte incertain : elles privilégient la flexibilité à court terme plutôt que des engagements durables.
Les CDI restent significatifs, mais servent principalement aux remplacements définitifs ou au lancement de nouvelles activités structurelles.
Ce que cela signifie pour les recruteurs
Malgré un contexte économique plus prudent, le marché du recrutement français conserve en 2026 une profondeur réelle. Pres de 2,3 millions de postes restent à pourvoir, et les tensions persistantes dans de nombreux métiers signalent des besoins structurels que la conjoncture ne remet pas en cause.
Pour les entreprises, la conclusion est claire : recruter efficacement en 2026 implique d’adopter une approche proactive, d’élargir ses critères de sélection, et de s’appuyer sur des partenaires qui connaissent précisément les viviers de candidats disponibles dans chaque bassin d’emploi.
Sources : Enquête Besoins en Main-d’Oeuvre (BMO) 2026, France Travail (21/04/2026) — Stratégie sectorielle France Travail 2026 — La Finance pour Tous, avril 2026.